J'emménage sur la Lune. Mais j'y planterai des arbres lumineux. De telle sorte que je pourrais communiquer avec vous autres, en morse. J'y cultiverai des betteraves, car je ne suis pas sûr de pouvoir manger de légumes violets. Et puis, le mariage avec les couleurs lunaires sera ainsi parfait.
Je n'aurai plus aucune passion ; en revanche, je serai exalté à la simple vue des feux brillants autour de moi. La nuit sera éternelle, me garantissant une paix calme. Le sol sera frais - je n'ai que faire des remontrances des astrophysiciens, je me contrefous totalement des faits réels liés à la température de la Lune, peu m'importe - et mes betteraves aussi!
En pleine jouissance d'une nature qui m'apparaitra probablement comme divine, je suis prêt à parier qu'un imbécile et futur colonisateur voudra voler ma planète! Je le tuerai ; et n'aurai pas d'alibi à fournir. Son corps sera là, gisant dans son sang frais. Et lorsque mes betteraves seront mortes ou presque, j'aurai la garantie d'avoir quelque chose à grignoter...
Lorsque l'ennui fatalité m'approchera, je n'aurais qu'à faire un petit bond. Pour vivre sur une planète proche, une petite étoile, sobre mais belle, calme et fraiche. J'imagine que personne ne viendra sur une étoile quelconque - du moins jusqu'à ce que je sois mort. Car entre temps, il aura fallu à l'humanité d'avoir conquis Mars et ses amies. J'irai d'ailleurs uriner sur celle-ci, pour que la NASA soit folle à la vision d'eau, croyant qu'il y eut de la vie sur Mars.
Je sauterai d'étoile en étoile jusqu'à ce que l'ennui meure.